Contributions, La bataille des idées contre l'hégémonie culturelle

Comment financer le social en France ?

jeudi 28 février 2008
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Il faudra quand même que l’on m’explique… Pourquoi la France “ne pourra plus se payer” un système de santé, des retraites et des services au public d’un haut niveau, par la répartition et la redistribution ? Comment ce qui était possible en 1945 (1) ne l’est plus en 2007 ?
Comment se fait-il qu’une augmentation de 30 à 40 % des dépenses sociales en 40 ans ne puisse pas être financée par une augmentation nette des richesses produites de 100 % sur la même période ?

En effet, on estime, en hypothèse basse de 1,7 % de croissance annuelle, que la production nationale, le fameux PIB, va au moins doubler entre 2000 et 2040. En conséquence, “le gâteau” à partager sera deux fois plus gros, en Euros constants !

On sait que le partage du gâteau pose problème. La Valeur Ajoutée produite, le gâteau, doit être partagé entre salaires, cotisations sociales, frais financiers, impôts et taxes, profit des actionnaires, autofinancement des investissements, recherche appliquée, provisions pour risques et avantages financiers divers, parfois indécents (stocks options, “parachutes dorés”…).

En 40 ans, les ressources de la maison France vont donc augmenter de 100 % minimum (PIB). Qu’en est-il des dépenses sociales ? On sait déjà que les dépenses de retraite, sur les bases 1993, avant “réformes”, vont passer de 12,5 % à 17,6 % maximum du PIB, avec le vieillissement et l’augmentation de la population retraitée à 60 ans, soit une augmentation de 40 %. Donc, largement supportable. Pour la santé, les dépenses passeront de 10 à 13 % maxi du PIB, soit plus 30 %. Aisément supportable également. Les autres dépenses sociales (famille, handicap, solidarité…) et de services au public (état, fonctions régaliennes, services publics…) ne devraient pas augmenter plus de 0,5 % par an en Euros constants, soit plus 20 % en 40 ans.
On voit donc que le doublement de la production française dans les 40 ans à venir permet de financer largement la protection sociale par répartition et les services au public, par les cotisations sociales et l’impôt progressif, tout en laissant une grande marge de disponibilités pour augmenter les salaires, les profits, l’autofinancement et autres utilisations de la valeur ajoutée.
Mais peut-être faut-il baser, enfin, les cotisations sociales employeur sur la Valeur Ajoutée produite par l’entreprise, et non plus sur les salaires !… Les ressources sociales doivent évoluer comme le PIB.

Sans événements catastrophiques, imprévisibles actuellement (guerres, épidémies…), il n’y a donc aucun problème de financement de la protection sociale française dans les 40 années à venir (2).
Sauf à considérer une pratique récurrente du capitalisme et des gouvernements de droite …que l’on nomme lutte des classes. Même si le terme est passé de mode, il y a toujours une lutte sans merci entre les possédants, patrons et capitalisme financiarisé, et le peuple (salariés, besoins sociaux…), pour la répartition du gâteau, c’est à dire la Valeur Ajoutée produite par le travail dans les entreprises.

Marx n’est-il pas toujours d’une actualité brûlante ?… Les privilégiés semblent le lire, le connaître et le pratiquer à leur profit bien mieux que le Peuple !…

(1) sur le Programme du CNR: http://jerpel.fr/spip.php?article63 ; http://jerpel.fr/spip.php?article194
(2) Michel Husson, “Pas de problème de financement…” voir: http://hussonet.free.fr/finass.pdf

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