Débat sur l'unité de la gauche

Les leçons du 12 février 1934

Envoyer Imprimer PDF

Texte publié par Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès sur Mediapart

«Un retour sur le passé peut parfois aider à comprendre les contradictions de notre époque. Il ne s’agit naturellement pas de plaquer des recettes d’hier sur une situation d’aujourd’hui, mais il arrive que l’on puisse tirer des leçons utiles d’évènements forts de notre histoire.

C’est ainsi que l’on considère le 6 février 1934 comme une date noire de notre «calendrier politique». Ce jour là, une grande manifestation de l’extrême droite face à l’Assemblée nationale dégénère dans un affrontement sanglant avec les forces de l’ordre. On se souvient moins du 12 février 1934, qui vit la gauche et les républicains se mobiliser contre les ligues fascisantes, dans une dynamique unitaire qui débouchera sur le Front Populaire et permettra la victoire de la gauche en 1936.

 

2012 : le danger des fausses évidences

Envoyer Imprimer PDF

Le quotidien Libération a publié une version plus courte de cette tribune de Paul Quilès dans son édition du 28 janvier 2010

L’élection présidentielle est, depuis 1962, l’évènement majeur de la vie politique française. Les décisions prises en 2000 par L. Jospin (quinquennat et inversion du calendrier) ont malheureusement accentué le phénomène. On peut le regretter, ce qui est mon cas(1), mais on est bien obligé d’en accepter les conséquences.
La principale d’entre elles est que tous ceux qui participent à l’animation de la  vie politique -partis, commentateurs, médias- ont les yeux rivés en permanence sur l’échéance présidentielle. Logiquement, même s’ils s’en défendent, les états-majors des partis se mobilisent très longtemps à l’avance pour bâtir des stratégies de conquête ou de conservation du pouvoir.

 

150e anniversaire de la naissance de Jean Jaurès - Journée d'étude le 16 Janvier

Envoyer Imprimer PDF

Gilles Candar, Julien Landfried et Paul Quilès, signataires de Gauche Avenir participeront le 16 Janvier à Paris à une journée d'étude à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de Jean Jaurès.

 

Les primaires, c’est le suicide de la gauche

Envoyer Imprimer PDF

Philippe Marlière, maître de conférences en science politique à University College London et signataire de Gauche Avenir a donné un entretien à Charlie Hebdo.

Charlie Hebdo : Vous êtes un spécialiste du travaillisme britannique. Dans votre dernier livre,  on voit un Blair, un Brown, nouvelles stars du « new Labour », qui reprennent à leur compte dès leur arrivée au pouvoir le terrible slogan thatchérien : « TINA ! » (There Is No Alternative). On comprend d’emblée que la voie blairiste ne sera jamais que le thatchérisme modifié à la marge. Blair est un gentil petit héritier, un homme habile, rien de plus. Comment une telle défaite intellectuelle a-t-elle été possible, rendre les armes sans même combattre ?

Philippe Marlière : C’est LA question. Je pense que Blair et Brown ont tout simplement cueilli des fruits bien mûrs. L’essentiel de la bataille idéologique avec les conservateurs s’est joué en 1984, lors de la grande grève des mineurs qui, on l’a oublié, a duré un an. Les mineurs britanniques ont affronté une décision politique inique, car les mines étaient alors rentables, ils ont dû faire face à un pouvoir d’Etat et à une répression d’une rare violence. Le plus grave, finalement, c’est que le parti travailliste leur a apporté un soutien des plus modérés. Le contexte politique expliquait cette modération : les travaillistes déjà déboussolés avaient perdu les élections de 1979 sur une ligne de gauche. Ils ne juraient alors que par le recentrage. Cette grève, par sa violence, la radicalité dont elle était porteuse, n’était pas en phase avec leurs réflexions. Mais tout s’est joué là. Face à une Thatcher qui se cherchait encore à l’époque, les travaillistes, les syndicats, et bien sûr les mineurs privés de relais, ont sombré. L’Histoire a basculé sur cette grève, et cette défaite, les travaillistes ne l’ont symboliquement jamais surmontée.

 

Primaires à gauche : lever les ambigüités

Envoyer Imprimer PDF
Marie Noëlle Lienemann et Paul Quilès, initiateurs de l’appel « Gauche 2012 » expliquent dans une tribune sur Mediapart pourquoi l'idée de primaires ouvertes n'est pas, à leur sens, une urgence: < «Ce dont la France a besoin, ce n’est pas seulement d’une alternance, mais aussi d’une politique alternative». C'est de ce projet que naîtra, selon eux, la mobilisation de la gauche qui mènera jusqu'à la victoire.

La « pétition des 100 » du club Terra Nova commence bien, avec cette interpellation: « Nous appelons à une primaire populaire ouverte aux citoyens de gauche… ».

Mais, très vite, le malaise s’installe. Dans la liste hétéroclite des signataires, on trouve, entre autres, Jean Peyrelevade, vice-président du Modem, les principaux soutiens socialistes à la ligne d’alliance du PS avec le centre…..mais aussi des responsables socialistes, qui faisaient pourtant partie des deux tiers de militants du congrès de Reims opposés à cette alliance ! Si de nouvelles formes de démocratie doivent être inventées, elles ne sauraient se substituer à des délibérations collectives organisées. Chacun se souvient que ce débat est d’une importance capitale dans l’histoire de la gauche française. On sait par exemple ce qu’il en est advenu de l’idée que la « démocratie à la base » devait se substituer à la « démocratie bourgeoise »!
 
  • «
  •  Début 
  •  Précédent 
  •  1 
  •  2 
  •  3 
  •  4 
  •  Suivant 
  •  Fin 
  • »
Page 1 sur 4